Frustration
Je viens de me faire tomber dans face par une grano-libertaine-on-juge-pas-les-gens-s'il-vous-plaît-tout-le-monde-s'aime-et-changeons-le-monde-avec-ça parce que je me suis acheté une bouteille d'eau en plastique. Parce que j'avais soif. Mais ça ce n'est qu'une petite tranche de la conversation endiablée qu'on a eue.
Contexte:
On est en réunion d'équipe pour un travail d'équipe (Logique). Elle, appellons-la Mélissa, elle s'est greffée à nous, qui étions déjà 3 (Moi, Anne et Marie - noms fictifs). J'ai rien contre les inconnus dans les travaux d'équipes, sauf s'ils se permettent de rien foutre, de ne pas venir aux réunions d'équipe et EN PLUS de nous juger, une après l'autre.
Mardi soir, on avait notre première rencontre d'équipe. Elle ne s'Est pas pointée. Ça part mal.
Ce soir, on avait notre cours où on a à faire ce travail d'équipe. Elle n'était pas présente à la première partie du cours. Puis, elle est là, après la pause. Pas besoin de vous dire que déjà, on est plus ou moins disposées à être indulgentes.
Mélissa vient donc nous voir à la fin du cours. «Eille excusez moi hein les filles, j'vous ai complètement oubliées mardi soir là, mais c'est vraiment important pour moi pis j'veux qu'on forme une équipe là pis j'veux vraiment faire ma part!» OkOn discute du travail qu'on a déjà fait, les 3 autres, sans elle, puis de ce qu'on prévoit faire. Parfait. Elle dit qu'elle va s'occuper de certaines choses de son côté. D'accord.C'est après que ça se gâte. Elle aperçoit ma bouteille d'eau, en plastique.«Oh, t'achète pas des bouteilles d'eau! On a de la bonne eau, au Québec, pourquoi tu gaspilles du plastique pour acheter de l'eau de robinet qui vient des états?» Eille, pas besoin de vous dire que j'étais très frustrée dans mon dedans. Quand t'as soif pis t'es dans un cours, tu t'achètes une ptite bouteille d'eau, c'est pas la fin du monde, messemble. Surtout quand ça t'arrive 1 fois par 2 mois parce que t'as pas pensé de t'amener de l'eau de chez toi.
Ensuite, on commence à parler de ce qu'on a vu dans le cours, c'est-à-dire les amérindiens. On a refait un bref historique de la découverte du Canada par les Français. Donc on parle des amérindiens pis du fait que Madame Mélissa n'a pas aimé l'approche du film parce qu'il mettait les amérindiens dans un coin à part et tout et tout. Elle a rien compris du tout. Le film expliquait des faits, et dans les faits, les blancs ont, à un moment de l'histoire, voulu faire disparaître les amérindiens. Ce n'était, en aucun cas, un film raciste ou quoi que ce soit.
Puis on parle des déficients intellectuels. Anne souligne le fait qu'elle a déjà travaillé dans un camp pour déficient et qu'un jour, un petit gars lui avait fait très peur en la battant. Elle avait perdu le contrôle parce que, à ce moment, elle n'avait pas la formation pour réagir. Mélissa s'empresse de dire:«Pis, là, t'as mis tous les déficients dans le même panier!»Eille. Plus ça allait, plus elle s'enfonçait.
On revient à notre sujet de recherche, qui, en passant, est: L'éducation dans les centres jeunesse. On se dit qu'il y a des problèmes dans le système, c'est clair, comme par exemple, le fait que les victimes d'abus se retrouvent dans les classes avec des abuseurs ou des contrevenants. En tout cas. Tout ça pour dire que finalement Mélissa se décide à déclarer:«Moi, j'Veux pas habiter au Québec, c'est de la marde le système, j'veux vivre mes expériences ailleurs, voyager, pis si je reviens, j'vais être plantée pour travailler ici pis j'vais savoir de quoi je parle.» J'ai rien contre ça, même que je trouve ça remarquable. Mais ça s'est gâté quand elle a commencé à dire: «Moi j'comprends vraiment pas le monde qui veulent rester sédentaires toute leur vie avec leur job de 8 à 4. Comment veux-tu t'ouvrir sur le monde pis comprendre la vie si tu voyages pas?»Ohhh là là, je bouillais. Parce que je fais partie de ces gens qui veulent s'établir et avoir une petite vie tranquille, ce qui n'exclue pas quelques voyages, bien sûr.
Nous, les 3 autres jveux dire, qui étions déjà à cours d'arguments (parce qu'on est 3 pacifiques qui aiment pas la chicane mais qui ont quand même essayé de dire leur opinion à travers le flot de chiâlage que Mélissa faisait) on la laissait dire ce qu'elle pensait:«Oh pis à part de ça, on disait l'autre jour que les gens sans instructions sont des gens soumis, ben dans l'fond là, ce qu'ils nous montrent à l'école c'est toute la même affaire pis c'est du bourrage de crâne pis on est comme prisonniers de ça pis on a des oeillères, pis on n'est pas plus libres!!!» Oh ça avait pu de bon sens là ça valait même pu la peine d'argumenter, moi j'suis partie prétextant autre chose à faire! Ahaha!
Pis finalement on s'est ramassé ensemble pour retourner aux résidences, Anne, Marie et moi.
Tout ça pour dire que ce type de personne me choque profondément. Elle s'est permis de toutes nous juger sans même nous connaître, alors qu'elle «prône» l'égalité, la justice et le non-jugement. En plus d'être contradictoire, elle est frustrante!Oui, je comprends son choix de vie, je trouve ça remarquable qu'elle veuille aller enseigner partout dans le monde, mais cette vie là n'est pas pour moi ni pour beaucoup d'autres gens. C'est juste une question de valeurs, et c'est ce qu'il faudrait qu'elle comprenne.
Je ne commencerai pas à la juger en disant: Franchement, c'est pas une vie ça, voyager d'un bord pis de l'autre de même! Parce que je crois que suis quand même PLUS OUVERTE que ça, même si j'achète des bouteilles de plastique.

1 commentaires:
Moi aussi ça m'énerve les gens qui croient tout savoir.
Joli blogue. Je voulais te dire bonjour en passant.
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